Convertisseur 12 V vers 230 V fixé sur une cloison en contreplaqué derrière un siège de fourgon, deux gros câbles rouge et noir vissés aux bornes, interrupteur éteint, une prise de courant vide juste à côté
Énergie & autonomie

Le convertisseur, quand il sert vraiment

Presque tout se branche en 12 V dans un van. Le convertisseur ne sert que pour les rares appareils qui n'existent qu'en 230 V, et il se paie même éteint.

· Mickaël Berthier · 5 min de lecture

Un lecteur m’a écrit en juin, une question en une ligne : « Je prends quelle puissance de convertisseur pour mon van ? » Il avait déjà la marque, le modèle, deux onglets ouverts pour comparer les prix. Il ne restait qu’à trancher entre deux références.

Je lui ai renvoyé la seule question qui décide de ça. Qu’est-ce que tu comptes brancher dessus ? Il a mis trois jours à répondre. La liste tenait en deux lignes. Le chargeur de sa visseuse, et un sèche-cheveux « pour ma copine, de temps en temps ». Pour ces deux appareils-là, il s’apprêtait à visser un boîtier derrière son siège et à tirer du gros câble jusqu’à la batterie.

Je ne me moque pas de lui, j’ai fait pareil. Le convertisseur est l’appareil que tout le monde installe et que presque personne n’allume. Il rassure, parce qu’il met une prise de maison dans un véhicule, et qu’une prise de maison, on sait à quoi ça sert.

Sauf qu’un van marche en 12 V. La norme qui encadre son installation électrique, la NF EN 1648-2, porte sur les installations à très basse tension de 12 V en courant continu dans les autocaravanes. L’éclairage, la pompe à eau, le frigo à compresseur, le ventilateur du chauffage, la recharge des téléphones : tout ça se branche directement sur la batterie, sans rien au milieu. Le 230 V arrive après, pour ce qui reste. Et ce qui reste est court.

Ce que coûte le détour

Fabriquer du 230 V alternatif à partir d’une batterie de 12 V demande du travail, et ce travail se prend sur la batterie. Victron annonce pour son petit 12/375 une efficience maximale de 89 %. Maximale : c’est le meilleur point de la courbe, obtenu à une charge précise, pas la moyenne d’une soirée. Onze pour cent au mieux de ce que la batterie donne finit en chaleur dans le transformateur. Posez la main sur le boîtier après un quart d’heure de charge, vous saurez où c’est parti.

La ligne d’en dessous, sur la même fiche technique, est plus ennuyeuse. Consommation à vide : 5,6 W. Appareil allumé, aucune prise occupée, rien qui tourne, il prend quand même 5,6 W. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre si personne ne va appuyer sur l’interrupteur. J’ai laissé le mien allumé en permanence les premières semaines, exactement comme on laisse une multiprise branchée dans un appartement. Dans un appartement, ça ne se voit sur rien. Sur un compteur d’ampères-heures en novembre, ça se lit très bien.

Et ça grimpe avec la taille. Le 12/3000 de la même marque, celui qu’on prend « pour être tranquille », annonce 12 W à vide. Douze watts qui partent tous les jours de l’année, y compris ceux où on ne branche rien.

Le mode ECO existe pour ça, et il fait le travail à moitié. En pause, l’appareil redescend à 0,9 W, puis il se rallume dès qu’il sent une charge arriver. Le seuil de réveil est réglé d’usine à 15 W. Un chargeur de téléphone ne pèse pas 15 W : il ne réveillera rien du tout. Tant mieux, un chargeur de téléphone n’avait rien à faire là.

Les trois fois par mois où j’appuie dessus

Douze ans d’électricité du bâtiment ne m’ont pas empêché de me tromper sur beaucoup de choses dans ce van, mais là-dessus je tranche sans hésiter : on installe un convertisseur pour la liste des appareils qui n’existent pas en 12 V, et cette liste s’écrit avant l’achat, pas après.

La mienne, après cinq ans de route, tient en trois entrées. Le chargeur de mes batteries d’outillage, que je n’ai jamais trouvé en 12 V dans ma marque. Le fer à souder, pour les réparations en chemin. L’ordinateur portable les deux premières années, jusqu’à ce que je passe à un chargeur qui prend le 12 V directement, ce que j’aurais dû faire dès le départ. Rien d’autre.

Et ce qui n’y va jamais : tout ce qui chauffe. Une résistance qui chauffe de l’eau ou de l’air ne se discute pas avec une batterie de van, quelle que soit sa capacité. Mettre un convertisseur devant n’y change rien, ça ajoute même sa part. J’ai eu une machine à expresso, je l’ai revendue au bout d’un hiver, et elle n’était pas seule en cause.

Reste la question de la puissance, celle que mon lecteur posait. Elle se déduit de la liste, en prenant l’appareil le plus gourmand, et elle vient donc à la fin. Avant elle, il y a ce que la batterie peut donner, et ça se règle dans le calcul de consommation qu’on pose avant d’acheter sa batterie.

Le mien est éteint pendant que j’écris. Il l’est à peu près toute l’année, et c’est le seul appareil du van dont je peux dire ça.

Sources

  • Victron Energy, fiche technique Convertisseurs VE.Direct, 250 VA à 1600 VA, version française : Inverter 12/375, efficience maximale 89 %, consommation à vide 5,6 W, 0,9 W en mode ECO, charge minimale de réveil 15 W réglable (PDF téléchargé et lu le 31/07/2026)
  • Victron Energy, datasheet Inverters Smart, 1600 VA à 5000 VA : Inverter Smart 12/3000, zero load power 12 W en 12 V (PDF téléchargé et lu le 31/07/2026)
  • NF EN 1648-2, « Véhicules habitables de loisirs, installations électriques à très basse tension de 12 V en courant continu, partie 2 : autocaravanes », fiche AFNOR (consultée le 31/07/2026)
convertisseur 230v 12v consommation batterie
Photo de Mickaël Berthier
Mickaël Berthier Ardèche, et sur la route

Je vis en van aménagé une bonne partie de l'année depuis 2021. Ancien électricien du bâtiment, j'ai aménagé mon fourgon moi-même et je documente ici ce qui marche, ce qui casse et ce que ça coûte vraiment.

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